Woodstock 69

Woodstock 69
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# Posté le vendredi 19 mai 2006 11:49

Ray Charles

Ray Charles
Ray Charles Robinson est né le 23 septembre 1930 dans une famille très pauvre d'Albany en Géorgie et a été élevé par sa mère à Greenville en Floride. Il eut une enfance difficile ; en effet, après avoir assisté impuissant à la noyade de son jeune frère de 3 ans, il contracte un glaucome à l'âge de quatre ans. À sept ans, sa cécité est complète et il doit être placé dans un établissement spécialisé.

C'est dans cette école que durant neuf ans, il va apprendre la composition, ainsi que la pratique de plusieurs instruments dont le piano et le saxophone alto. Bien que l'enseignement musical qu'il y reçoit soit essentiellement classique, ses préférences vont dès cette époque vers les musiques de son enfance : le gospel, le blues et le jazz.

Âgé de quinze ans, il perd sa mère et décide de quitter l'institution. Il se fait héberger par une amie de sa mère à Jacksonville, où il commence à travailler comme musicien. Il tente ensuite sa chance à Orlando, puis à Tampa, gagnant à grand peine de quoi survivre en jouant du piano dans des orchestres de danse.

Ce n'est qu'en 1947, après avoir traversé tout le pays pour s'installer à Seattle, qu'il commence à se produire dans les clubs comme chanteur, avec sa propre formation. C'est là qu'il rencontre Quincy Jones, avec qui il se lie d'amitié. Après plusieurs disques sans succès, il enregistre «Baby, Let Me Hold Your Hand», qui se place dans les premières places des R&B charts en 1951. Il commence alors à forger sa personnalité musicale, s'éloignant peu à peu de ses premières influences, Nat King Cole et Charles Brown.

Aidé par Atlantic Records, sa maison de disques, qui lui laisse toute liberté de création, Ray Charles va connaître une décennie de succès. Son premier gros hit est «I Got a Woman». Viennent ensuite «Hallelujah I Love Her So», «Drown in My Own Tears», «This Little Girl of Mine», «The Right Time», qui se placent très bien dans les R&B charts. Il faut attendre la sortie de «What'd I Say» en 1959 pour que le succès soit complet : c'est en effet son premier hit dans les pop charts.

Fermement décidé à continuer sa percée en direction du marché pop, le chanteur quitte Atlantic pour ABC Paramount en 1959, plus à même de lui offrir une passerelle vers le public blanc. C'est ainsi que «Georgia On My Mind», «Hit the Road Jack» et «I Can't Stop Loving You» vont se succéder entre 1960 et 1962 à la première place des pop charts, alors que d'autres titres comme «One Mint Julep», «Unchain My Heart» ou «You Are My Sunshine» continuent de culminer dans les R&B charts. Ray Charles réussit ce dont beaucoup d'artistes soul rêvaient : Le « crossover », toucher à la fois le public blanc et le public noir.

Les affaires marchent alors tellement bien pour Ray Charles que, associé à son manager Joe Adams, il monte sa propre société, Ray Charles Enterprises. C'est aussi malheureusement une période où il doit faire face à de sérieux problèmes de dépendance d'héroïne. Malgré un petit passage à vide, Ray Charles revient en force en 1966, avec «Let's Go Get Stoned». Après quelques chansons aux résultats encore honorables (dont ses reprises de «Yesterday» et «Eleonor Rigby» des Beatles), Ray Charles disparaît peu à peu des charts.

Au cours des années 1980, Ray Charles fait quelques apparitions sporadiques, à l'occasion d'évènements tels que le film «The Blues Brothers» ou la chanson «We Are The World» au bénéfice de USA For Africa. Mais malgré de nombreux changements de maison de disque, il n'obtient plus que de petits succès. Seule exception, son duo avec Chaka Khan en 1989, «I'll Be Good to You», le réconcilie brièvement avec les pop charts.

Alors qu'il avait atteint un âge assez avancé, et qu'il souffrait d'une désaffection du grand public, Ray Charles continuait pourtant inlassablement de tourner dans le monde entier. Parmi les très nombreuses récompenses et distinctions dont il a été honoré au cours de sa carrière, il a reçu douze Grammy Awards. Il a été l'un des premiers à entrer au Rock'n'Roll Hall of Fame en 1986. Il a été fait Chevalier des Arts et Lettres en 1986. Sans oublier bien sûr que la chanson «Georgia On My Mind» a été consacrée hymne officiel de l'État de Géorgie en 1979.

Il meurt à l'âge de 73 ans d'une maladie du foie le 10 juin 2004 dans sa maison de Beverly Hills. Il est enterré au cimetière d'Inglewood (Inglewood Park Cemetery), en Californie.

Marié deux fois, il a eu douze enfants: Ray Jr, David, Robert, Charles, Alexandria, Reatha, Robyn, Evelyn, Raenee, Sheila, Vincent et Corey.

# Posté le vendredi 19 mai 2006 11:54

Pink Floyd

Pink Floyd
1967-1968 : l'attraction psychédélique

Pink Floyd était constitué de Syd Barrett (chant, guitare), Richard Wright (claviers, chant), Roger Waters (basse, chant) et Nick Mason (batterie). Le nom original du groupe, Tea Set, fut abandonné après que le groupe se soit trouvé à l'affiche avec un autre groupe du même nom. Barrett proposa sur le coup une alternative, The Pink Floyd Sound. Le nom était un hommage à deux musiciens de blues, Pink Anderson et Floyd Council. Le mot "Sound" fut vite abandonné. À l'origine, membres de la scène rock underground, leurs compositions principalement écrites par Barrett sont un mélange de rock psychédélique américain, de whimsy britannique et d'un peu de blues (particulièrement dans les solos de guitare).

Sorti en août 1967, le premier album du groupe, The Piper at the Gates of Dawn (nom tiré d'un chapitre du Vent dans les Saules de Kenneth Grahame)) est considéré comme un exemple typique de rock psychédélique britannique. L'album fut un succès au Royaume-Uni, mais pas aux États-Unis. À cette période, le groupe partit en tournée avec Jimi Hendrix, ce qui leur valut une certaine notoriété.

En 1968, Syd Barrett souffre d'une dépression nerveuse attribuée à l'usage prolongé de drogues psychédéliques (essentiellement le LSD), à la pression liée à l'écriture, aux enregistrements et aux tournées permanentes. Sa contribution au deuxième album est trop dérangeante pour être utilisée et ses performances scéniques se limitent à jouer la même note pendant toute la soirée. Le comportement de Barrett dans la vie courante est devenu imprévisible : il oublie où il se trouve, ne se rend pas aux concerts. Afin de permettre tout de même au groupe de jouer, les autres membres invitent le guitariste David Gilmour, ami d'enfance de Barrett, à rejoindre le groupe afin de pouvoir assurer des spectacles. Gilmour devait assurer les parties de guitare et de chant normalement assurées par Barrett. Pink Floyd joue ainsi à cinq pendant un très court temps, avant d'exclure Syd Barrett, devenu totalement incapable de jouer sur scène.

# Posté le vendredi 19 mai 2006 11:57

Pink Floyd

Pink Floyd
1969-1972 : expérimentations musicales et envol du groupe

Alors que Barrett a écrit la majeure partie du premier disque, The Piper at the Gates of Dawn (1967), il contribue peu au second A Saucerful of Secrets (1968), forçant le groupe à prendre une nouvelle direction. Avec la perte de leur principal compositeur et fondateur, Gilmour restera pour conserver l'intégrité du groupe. Avec son arrivée, le son se durcit un peu. C'est Roger Waters qui émerge comme éminence grise et parolier absolu du Pink Floyd. Le disque suivant Ummagumma (1969), est un mélange d'enregistrements de prestations scéniques et d'expérimentations avant-gardistes par chacun des membres en solo. Avec cet album, Pink Floyd s'écarte de ses prétentions underground pour un son rock un peu plus conventionnel confirmé dans les trois albums suivants. Ummagumma est suivi la même année de Music from the Film More ou plus simplement More. More est en fait la bande sonore du film More de Barbet Schroeder. Cet album se distingue par son son acid folk et même heavy metal avec The Nile Song. Atom Heart Mother (1970), quant à lui, est un exemple d'album rock avant-garde avec une pièce éponyme de plus de 23 minutes sans parole et avec orchestre, et une autre, Alan's Psychedelic Breakfast, où on entend quelqu'un, en l'occurrence Alan, prendre son petit déjeuner, entrecoupé de courts passages musicaux. Meddle (1971) est probablement l'album qui a consacré Pink Floyd comme un des groupes majeurs de l'époque grâce à Echoes, un titre de vingt-trois minutes, et One of These Days, devenu un classique de leurs concerts. Par ailleurs, c'est Meddle qui définit le son de Pink Floyd comme progressif, c'est-à-dire de longues pièces complexes et souvent divisés en plusieurs mouvements. Finalement Obscured by Clouds (1972), une autre bande sonore de film (La Vallée) confirme la voie empruntée par les musiciens de Pink Floyd.

Pour petite anecdote The Piper at the Gates of Dawn ne se traduit pas par « le joueur de flûte aux portes de l'aube » mais plutôt par « le fumeur au seuil du vide » ; Ummagumma peut se traduire par « pâte à rire » ou même, selon d'autres, par une expression d'ordre sexuel. De plus, Stanley Kubrick aurait demandé à Roger Waters la permission d'utiliser Atom Heart Mother pour son film L'Orange mécanique. Cependant, cette permission lui aurait été refusée. Le groupe aurait par la suite regretté après voir visionné l'oeuvre de Kubrick.

# Posté le vendredi 19 mai 2006 12:02

Pink Floyd

Pink Floyd
1973-1977 : les années glorieuses

David Gilmour réfute les accusations de tentations commerciales lorsque leur album Dark Side of the Moon connaît un succès massif en 1973 avec le titre Money. Cet album restera dans le top 200 américain pendant plus de quatorze ans, battant de nombreux records, c'est l'un des albums les plus vendus de tous les temps. Sa pochette (créée par Hipgnosis), représentant la dispersion de la lumière par un prisme, est célèbre. Dark Side of the Moon est un album-concept dont les thèmes dominants sont le vieillissement, la folie et la mort. C'est un album techniquement très élaboré, avec l'utilisation du nouvel enregistreur 16 pistes du studio Abbey Road, le talent de l'ingénieur du son Alan Parsons, les titres sont méticuleusement enchaînés, la guitare de Gilmour est envoûtante ; Richard Wright joue de ses synthétiseurs de manière tellement innovante qu'elle va donner l'exemple à tout un courant musical, en Allemagne surtout. Selon une rumeur persistante, Dark Side of the Moon serait une bande son synchronisée pour le film Le Magicien d'Oz.

Dark Side of the Moon et les trois albums suivants (Wish You Were Here, Animals et The Wall) sont souvent considérés comme les plus aboutis de la carrière des Pink Floyd. Des tensions émaillent l'enregistrement de Wish You Were Here, elles auraient pu conduire à la dissolution du groupe, mais les efforts des membres génèrent un excellent album, avec des paroles touchantes. Le morceau principal Shine On You Crazy Diamond est un long hommage à Barrett dont l'esprit semblait continuer à hanter le groupe. Une anecdote troublante : Syd Barrett, impromptu, a rendu visite au groupe aux studios d'Abbey Road alors qu'ils étaient en train de mixer Shine On You Crazy Diamond. Le groupe ne l'a initialement pas reconnu.

En 1977, avec l'enregistrement de l'album Animals, le groupe est de plus en plus critiqué et stigmatisé par le courant punk pour qui il symbolise l'avachissement et la prétention du rock bien loin de la simplicité des débuts du rock'n'roll. Les animaux sont utilisés comme métaphores des hommes dans certains titres de l'album Animals, influencé par La ferme des animaux de George Orwell. Pour l'anecdote, la photo de couverture de l'album représente la Battersea Power Station survolée par un énorme cochon commandé pour l'occasion à une fabrique hollandaise de zeppelins. Le fil reliant le cochon au sol ayant cédé, le ballon s'envole et est finalement retrouvé dans un champ près de Canterbury. La pochette de l'album contient d'ailleurs des copies de coupures de presse expliquant que la RAF est intervenue pour intercepter les cochons volants.
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# Posté le vendredi 19 mai 2006 12:05